vendredi 15 juin 2012

Journal intime des parfums de ma vie

Je fais partie de ces filles qui ont une relation particulière avec leur parfum. 
J'y suis fidèle mais quand l'envie me prend d'en changer, cela se rapporte en général à un gros bouleversement dans mon parcours.
Les quelques parfums que j'ai aimés font donc écho à différentes étapes de ma vie. Quand certaines filles changent de coupes de cheveux, pour moi, il s'agit de trouver le parfum qui collera à ma nouvelle existence.

Si je regarde mon cheminement jusqu'à aujourd'hui, je peux découper toutes ces années en 5 périodes :


L'adolescence et mon premier parfum : L'Heure bleue de Guerlain
Pour être honnête on m'avait d'abord offert le parfum à la mode à l'époque, Anais Anais de Cacharel, que j'ai immédiatement détesté, trop douceâtre, trop fleuri, trop mièvre.
Et puis je ne sais pas par quel hasard j'ai eu L'heure bleue et ce fut un coup de foudre immédiat pour son univers poudré, rétro
Ce parfum est très ambigu, il dégage quelque chose d'infiniment innocent, enveloppant, tendre avec la vanille et la bergamote mais également un côté plus sombre par le musc et le néroli.
Ce parfum correspondait parfaitement à mes états d'âme d'adolescente qui se cherche.
Aujourd'hui encore c'est une odeur doudou pour moi qui me réconforte. Je ne le porte plus mais j'en garde un flacon très précieusement.



Puis la fin de l'adolescence a marqué un changement de senteur, il me fallait un parfum de femme.



Attirée par les parfums orientaux, j'ai découvert Opium d'Yves Saint Laurent.
Après la période d'hésitation de l'adolescence, ce parfum lourd, racé, sucré et sensuel avec la cannelle, le patchouli, convenait parfaitement à mon désir d'accéder à une féminité plus mature, affirmée. Avec le recul, je me rends compte que ce jus correspond plus à une femme d'âge mûr mais c'est justement ce à quoi j'aspirais à l'époque, qu'on me prenne au sérieux, qu'on me remarque.
J'ai porté ce parfum jusqu'à ma première relation amoureuse stable.


Durant cette relation qui a duré 5 ans, je me suis tournée vers un parfum plus discret, Féminité du bois de Shiseido (Serge Lutens). 

Découvrir ce parfum de Serge Lutens a été une révélation pour moi : j'aimais les odeurs orientales, certes, mais sourdes, teintées de notes d'encens, suintant l'orage, la terre et le sous-bois.



Cette période de ma vie se voulait plus sereine : encore dans mes études mais déjà dans une voie qui me plaisait et en couple avec quelqu'un qui envisageait notre relation sur du long terme, ce parfum correspondait bien à mon état d'esprit apaisé.
Jusqu'au jour où cette relation pris fin...
Je garde beaucoup d'affection pour ce parfum qui n'est d'ailleurs plus distribué par Shiseido mais a rejoint la marque de Serge Lutens (le packaging a changé d'ailleurs). Je ne le porte plus du tout car intimement relié à cette époque et à cette relation amoureuse.


Suite à cette rupture, une période plus trouble de célibat démarra dans ma vie avec beaucoup de sorties, de fêtes et un nouveau parfum pour m'accompagner dans ce tourbillon : Le baiser du dragon de Cartier. 




Retour à un oriental racé, volcanique, aux notes de santal, de  patchouli. Un parfum idéal pour cette période d'amusements et de liberté qui dura 3 ans. Ce parfum me faisait me sentir séduisante, sûre de moi, très femme mais, n'ayant pas le côté sucré d'Opium, je me sentais aussi plus distante grâce à lui. 
En effet, ce parfum recèle un aspect assez masculin avec la présence de vétiver en note de fond. Il marque d'ailleurs aussi mon adieu à la vie d'étudiante et le départ de ma carrière professionnelle. 
J'ai cessé de le porter au moment de ma rencontre avec celui qui partage ma vie aujourd'hui. Ce parfum n'est plus commercialisé depuis 2011, la fin d'une étape...


Serge noire de Serge Lutens, mon parfum actuel. 
Ayant gardé en tête mon amour pour Féminité du bois, je suis revenue vers ce maître-parfumeur, ses compositions correspondant bien souvent à mes goûts. 


Serge noire, à nouveau un oriental mais subtil, cendré, une odeur d'encens d'église, de feu d'artifice. Le "phénix renaissant de ses cendres", c'est ce qu'en dit Serge Lutens. 
Oui, ce parfum est mystique, mystérieux, austère, il touche au sacré. C'est un parfum androgyne avec ses notes de fumée, de cannelle et de benjoin poivré mais très charnel pourtant grâce à l'ambre et au bois. 
Il répond à cette nouvelle période de ma vie, à des sentiments plus profonds, entiers et à la nouvelle étape qu'est ma vie de Maman aussi. Il émane de ce jus quelque chose de pur et de définitif. C'est un parfum très abouti de Serge Lutens qui ne laisse personne indifférent.


Je me demande s'il y aura d'autres étapes olfactives dans ma vie..
A maintenant 30 ans passés, je sais maintenant que mes goûts se portent nettement vers les orientaux boisés, cendrés, sensuels mais masculins

Photo de famille, il me manque Opium mais j'ai l'occasion de le sentir sur quelqu'un de proche...


Et vous, votre histoire avec votre/vos parfums ?


Rendez-vous sur Hellocoton !

5 commentaires:

  1. très jolie histoire de tous ces parfums qui racontent une petit partie de ta vie. c'est marrant car moi je n'ai jamais associé le parfum à mon histoire et je crois bien que je suis incapable de les décrire et de les mettre en valeur comme tu le fais. pour moi ça sent bon et puis c'est tout! subtilité quand tu nous tiens;-)

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai tellement été fidèle à ces parfums que je les connais par coeur, ça aide à en parler avec précision.
      Mais tu as bien raison, au final l'essentiel, c'est que ça sente bon !

      Supprimer
  2. Magnifique histoire sur les parfums de ta vie !!!!!
    Moi de 20 à 40 ans je n’ai eu qu’un parfum Eau de Rochas.
    Très sensible aux odeurs, il ne me retournait pas l’estomac comme certains parfums de synthèses qui vous brulent le nez.
    Son odeur fraiche orangée, fleurie, me rendait euphorique et c’était plutôt sorties, soirées en discothèque entre amis , la vie plus belle quoi ! rien à voir avec mes amours.
    Avec l’âge j’ai préféré quelque chose de plus sucré comme Tocade toujours de Rochas.
    Et aujourd’hui je l’utilise toujours en alternance avec le parfum de Van Cleef.

    RépondreSupprimer
  3. Quelle histoire, quel parcours ! Je suis impressionnée... :)
    Surtout pour Opium je t'avoue, que j'imagine vraiment beaucoup plus sur une femme très très mure hum ^^'
    J'espère que Serge noire tiendra longtemps en tout cas :)
    Bise bise

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui Opium c'était vraiment pour m'affirmer à l'époque (et frimer aussi ;-))

      Supprimer